La transition écologique : une nécessité pour les entreprises

           Juin 2021

           Lorsque l’on parle de transition écologique, il n’est pas rare de rencontrer le scepticisme de son interlocuteur. Le terme intervient à la suite d’une longue litanie d’appellations, au sens plus ou moins arrêté et aux arrière-pensées pas toujours fiables : développement durable, croissance verte, responsabilité sociétale des entreprises, transition énergétique…

 

            Pourquoi celui-ci devrait-il fixer notre attention ? Est-ce un sujet pour nos entreprises, déjà aux prises avec des difficultés considérables pour survivre dans un contexte de crise sanitaire et économique ? La thèse que nous voulons ici défendre est que cette transition est une réelle opportunité pour les entreprises, même les plus petites.

La transition écologique : quelle définition ?

            Commençons par définir les termes. La première idée est celle d’une transition, donc d’un passage, d’un état actuel, à un état futur à définir. L’état actuel se caractérise par un recours généralisé à des ressources non renouvelables, et par des impacts sur l’environnement qui sont facteurs de désordres graves pour la nature et les humains. Cet état actuel est donc marqué par des incohérences dans le système (changement climatique, effondrement de la biodiversité, augmentation des inégalités…), qui menacent sa pérennité.

 

            Notre intuition est que la transition écologique est un passage dans lequel on cherche à résoudre, partiellement ou totalement, ces contradictions. Autrement dit, cela veut dire aboutir à une situation où les activités de l’homme ne soient plus une menace pour sa propre existence, soit directement, soit indirectement par le biais des écosystèmes dans lesquels il s’inscrit. L’homme est en effet devenu une force géologique, qui modifie la structure du système Terre : on parle d’« anthropocène », l’ère géologique de l’homme. Dès lors, la transition écologique est un processus de transformation radicale et multidimensionnelle, qui vise à apaiser les contradictions que l’homme a introduites dans le système terre, et qui menace sa pérennité.

 

Quatre leviers pour une transition de son entreprise

Cette transformation est à envisager de deux façons, comme un processus d’atténuation de son impact, et comme un processus d’adaptation à de nouvelles conditions. On peut retenir quatre approches possibles, parmi d’autres :

 

  • La sobriété dans l’usage que l’on fait de nos ressources : ne plus puiser dans le stock, mais seulement dans les intérêts du stock. Cela revient à ne consommer que des ressources qui peuvent se renouveler à l’échelle d’une vie humaine. En effet, les approvisionnement de quantité des ressources clés pour notre développement ne sont à terme pas sécurisés (produits pétroliers, sable, ressources minérales rares, eau, etc.). Cela vient questionner notre consommation, bien avant notre production.
  • La neutralité carbone : que le carbone émis par nos activités soit égal au carbone absorbé par les écosystèmes. L’objectif de l’accord de Paris (2015) est de limiter le réchauffement climatique à +2° C par rapport à l’époque préindustrielle. Cela revient à diminuer nos émissions de Gaz à Effets de Serre (GES) par 6 par rapport à 1990 d’ici 2050.
  • La limitation des impacts négatifs de nos activités sur les écosystèmes, qui peuvent se traduire par la pollution de l’air, de l’eau ou des sols, l’artificialisation des sols, la prolifération de matières plastiques dans la nature, etc. A terme, il est donc nécessaire de déployer des activités qui régénèrent les écosystèmes naturels.
  • Mettre en place des organisations humaines résilientes, c’est-à-dire capables de s’adapter à des conditions de vie en évolution très forte et rapide.

 

            Dans ce contexte, pourquoi une entreprise, quelle que soit sa taille, serait tenue d’agir ? On peut tout d’abord avancer que c’est un impératif éthique vis à vis de l’ensemble de la communauté humaine et des êtres vivants. Cela revient à vouloir étendre le champs de sa responsabilité aux êtres, humains ou non, qui vivent loin de nous dans le temps (nos enfants et petits-enfants), et dans l’espace. Mais c’est ensuite une approche dictée par la prudence : il faut agir pour anticiper des risques. En effet, la crise climatique vient remettre en cause l’existence de nos organisations, en modifiant radicalement les conditions de leur réussite (via une augmentation des événements extrêmes et un renchérissement des approvisionnements en énergie et matières premières essentielles). Il convient donc de l’anticiper ! Et enfin, la transition écologique est un ensemble d’opportunités de performance. L’enjeu est donc de prévenir des risques de moyen terme par des approches gagnantes à court terme.

 

Pourquoi et comment agir ?

L’intérêt d’agir réside alors dans quatre leviers :

 

  • Se différencier en anticipant les demandes de la société : Celles-ci sont en effet en évolution rapide, mettant au premier plan l’intérêt pour le Bio, les circuits courts, le mode de vie zéro déchets, le refus des pollutions, etc.
  • Anticiper les contraintes réglementaires grandissantes sur ces sujets : En effet, les réglementations européennes et nationales se font de plus fortes en matière écologique, à mesure que l’urgence climatique s’accroît. L’enjeu devient alors de faire de ces changements réglementaires un atout pour se différencier sur son marché.
  • Impliquer les usagers de l’organisation dans un projet porteur de sens : Qu’il s’agisse de clients, de fournisseurs ou de salariés, beaucoup sont en attente d’un changement de pratique vers plus de respect et de durabilité. Entrer dans ce type de logique est un moyen de les fidéliser et de les impliquer.
  • Mieux gérer des coûts cachés : En effet, les désordres environnementaux (événements climatiques extrêmes, pollutions diverses, épidémies, etc.) sont facteurs de coûts extrêmement élevés pour nos organisations. Intégrer la transition écologique dans sa feuille de route, c’est prendre conscience de ces coûts pour mieux les maîtriser.

 

Dès lors, il importe que l’entreprise reconsidère :

 

  • Son offre : ce qu’elle vend.
  • Ses processus : comment elle produit ce qu’elle vend, c’est-à-dire les flux qui entrent, traversent et sortent de l’organisation

 

            Il est alors nécessaire de lister toutes les activités de son organisation tout au long de sa chaîne de valeur (approvisionnements, production, logistique, système d’information, fonctions support, etc.) et de réfléchir à comment les rendre durables et responsables. Il importera d’inclure dans la réflexion les aspects liés à l’infrastructure utilisée (le bâtiment et ses équipements, et leurs aspects thermiques et énergétiques). A chaque fois, il faudra faire la balance entre ce qui relève de l’investissement et ce qui relève du fonctionnement, et déterminer la priorité des actions selon ce qui a le plus ou moins d’impact sur l’empreinte écologique de l’entreprise.

 

            Finalement, tout cela invite à revoir son marketing et son positionnement. Car il est certain, et la pandémie de Covid 19 le montre bien, qui est une zoonose d’origine animale : les questions écologiques auront un impact de plus en plus fort sur notre vie économique. Dans ce contexte, le « business as usual » risque d’être la stratégie perdante.

 

Une entreprise en transition : les Fermiers d’ici

Les Fermiers d’ici sont un service traiteur basé sur la Métropole nancéienne. Il présente la particularité de ne s’approvisionner qu’avec des produits bio et locaux. Créée en 2016, l’entreprise compte cinq collaborateurs pour 260000 € de chiffre d’affaires. Elle pratique une cuisine avec seulement des produits bruts de saison. Aucun produit alimentaire industriel n’est utilisé. Cette offre rencontre un fort succès, aussi bien auprès des entreprises que des institutionnels ou des particuliers, avec le gain successif des appels d’offres traiteur du Conseil départemental, du Conseil régional et du Centre des congrès Jean Prouvé.

 

En 2017, Les Fermiers d’Ici décident d’aller plus loin en lançant une offre de plateaux déjeuner zéro déchets pour entreprises, dans des bocaux en verre réutilisables, en liaison chaude, sans aucun déchet sauf les films alimentaires. Rien n’y est recyclable : tout est soit réutilisable soit compostable. Cette offre est extrêmement cohérente, en phase avec les politiques RSE des clients de l’entreprise. Aujourd’hui, les Fermiers d’ici font un pas de plus avec cette offre en organisant la livraison des plateaux-repas via une coopérative de coursiers à vélo, les Coursiers nancéiens.

 

En 2020 débute la crise sanitaire du Covid 19. L’offre traiteur des Fermiers d’ici est lourdement impacté. Pour rebondir et surfer sur la vague de la consommation Bio et locale, l’entreprise se lance dans un projet de conserverie. Elle conçoit une gamme de bocaux de plats en sauce qu’elle commercialise dans un réseau de GMS, épiceries, boucheries ou boulangeries qu’elle est en train de constituer.

 

Cet exemple très local montre comment la prise en compte des questions de transition  écologique, ici dans le domaine de l’alimentation, est une opportunité pour développer de nouvelles activités à impact positif !

 

Pour sensibiliser les entreprises artisanales du territoire, le Pays du bassin de Briey invite les entreprises à relever le défi de la transition écologique avec les Eco-défis, en partenariat avec la Chambre des Métiers et les communautés de communes de Cœur de Pays Haut et Orne Lorraine Confluences.

Le principe est simple : proposer aux artisans et artisans-commerçants de réaliser des actions concrètes en faveur de l’environnement et leur offrir une visibilité gratuite sur le territoire pour valoriser leurs engagements.

Pour en savoir plus sur les écos-défis : https://www.paysbassinbriey.fr/les-eco-defis/

 

Les entreprises du territoire du bassin Briey de moins de 20 salariés peuvent bénéficier d’un pré-diagnostic environnemental gratuit.

Informations :https://www.cci.fr/ressources/developpement-durable/notre-offre-daccompagnement/diagnostic-de-votre-entreprise

Contact : RICHY Christelle c.richy@grandest.cci.fr

 

Les entreprises de plus de 20 salariés peuvent bénéficier d’un diagnostic environnemental pris en charge à 50% par l’ADEME.

Informations et contact :  https://www.bpifrance.fr/Toutes-nos-solutions/Accompagnement/Conseil/Diag-Eco-Flux

 

Un projet ? une innovation ? dans le domaine de la transition écologique, contacter le Pays du bassin de Briey, Emilie Guthleber emilie.guthleber@paysbassinbriey.fr

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